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INFO GENERALE : La passion selon Carmen
12/3/2009 14:40:00 (1760 lectures)

L'ATH (Achenheim Truchtersheim Handball, N1) disputera mercredi soir à Truchtersheim (coup d'envoi 19h30) les huitièmes de finale de la Coupe de France féminine face à Mios, un pensionnaire de D1. Dans ses rangs, Carmen Gross, qui apportera encore toute son expérience pour tenter de rivaliser.

 LES DNAEdition du jeudi 12 mars 09 Carmen GROSS



 Un tel match, forcément, ça vous change de l'ordinaire. Gravir les deux divisions d'écart ne va pas être aisé, mais il va bien falloir tenter de se faire une petite place.
« Cette rencontre, je l'attends avec impatience, sourit paisiblement Carmen Gross. J'aime bien cette idée de se confronter à une équipe de haut niveau. Je vais voir si physiquement j'en suis encore capable. Mais en même temps, j'ai aussi un peu peur... Ça va être chaud. »
A 30 ans, le pivot de l'ATH se retrouve face à un nouveau défi. Un de plus parmi tous ceux qui auront jalonné son existence.

« Le handball, un moyen de sortir de Roumanie »

Son histoire commence le 22 août 1978, du côté de Timisoara en Roumanie, une ville malheureusement dans toutes les mémoires, pas très loin de la frontière Yougoslave.
« C'est de là-bas qu'est partie la révolution roumaine. Mais, comme mes parents sont commerçants, je n'ai jamais manqué de rien, même sous Ceausescu. Au contraire, il y avait beaucoup d'échanges avec les Yougoslaves. »
Petit à petit, le handball va prendre de l'importance, au point de guider une bonne partie de son existence. « J'ai commencé un peu par hasard à dix ans à l'école primaire. Mon père, Viorel, qui a été gardien de hand puis de foot m'a encouragée. Ma mère, Florica, n'était pas trop d'accord parce que je manquais beaucoup l'école à cause des stages et des entraînements. »
Mais voilà, Carmen, qui s'appelle Muncila à l'époque, est plutôt douée. « J'ai joué en D1 à Timisoara alors que je n'avais que 14 ans. Comme j'avais un peu de talent, j'ai compris qu'il fallait aller vers le haut niveau. Le handball est devenu un moyen de pouvoir sortir de Roumanie et même juste de Timisoara. C'était comme ça pour tous les sportifs à l'époque. Cela permettait de voir autre chose, d'avoir le droit de partir et de gagner aussi un peu d'argent. »

« Je n'avais personne autour de moi et je ne parlais pas français »

Après un crochet par Baia Mare, toujours en Roumanie, Carmen Muncila va tenter une première expérience à l'étranger, en Italie, à Teramo. « J'avais 17 ans, il y a un grand tournoi là-bas et on m'a repérée. Je vivais dans une famille d'accueil. Pour moi ce n'était pas trop dur, mais pour mes parents beaucoup plus. D'ailleurs ça l'est toujours... »
Un an plus tard, elle retournera jouer en Roumanie, à Cluj, avant de prendre un nouveau virage qui l'emmènera du côté de Strasbourg en 1999, à l'invitation de Guy Koller alors président de l'ASPTTS.
« Ce n'était pas un grand changement parce que l'Alsace, c'est un peu comme chez moi. La culture est un peu pareille. Mais cette période était vraiment difficile. Je n'avais personne autour de moi et surtout je ne parlais pas français. J'ai appris à droite et à gauche, j'ai pris quelques cours, mais cela ne marchait pas vraiment. »
Au fil des mois, l'impression générale va changer, sa vie aussi. « Au départ, je ne voulais pas rester, comme en Italie. Mais j'ai rencontré Éric, l'homme de ma vie, et c'était fini... C'est avec lui, mais aussi en travaillant dans un restaurant, que j'ai vraiment appris le français. »
Carmen Muncila est ainsi devenue Carmen Gross, Elora, sa petite fille de trois ans, n'est jamais très loin les soirs d'entraînement ou les soirs de match. « Je suis vraiment contente qu'elle soit là. »

« Je ne sais pas comment je vais pouvoir arrêter un jour »

Désormais agent hospitalier aux Hospices Civils de Strasbourg, elle poursuit sa vie qui n'aurait sans doute pas du tout été la même sans le handball, un sport qui lui colle à la peau, comme ce maillot d'Achenheim, devenu l'ATH, qu'elle porte depuis cinq ans.
« Je voulais arrêter depuis longtemps parce que j'ai une hernie discale qui me fait souffrir. Mais j'aime ce sport. C'est ma passion. Je ne sais pas comment je vais pouvoir arrêter. Pourtant, un jour, bientôt, il va bien falloir. Mais je prends une année après l'autre et on verra bien. Ça me fait plaisir d'être encore là, mais parfois j'aimerais bien que des jeunes me dépassent. Un peu comme moi à l'époque en Roumanie. Il faut toujours un peu de concurrence. »
En attendant, Carmen Gross est toujours là. Fidèle à son poste de pivot, efficace et motivée, comme à ses débuts. Un seul regret pointera de son discours au moment de conclure.
« Je ne comprends pas la situation du handball féminin en Alsace. Ce serait bien que des sponsors s'investissent dans ce sport pour que l'on retrouve une équipe de D1 ici. Il faudrait vraiment faire un effort. »
A défaut d'en avoir une en Alsace, l'ATH de Carmen Gross en aura une en face de lui mercredi soir. Juste pour respirer un peu, le temps d'une soirée, le parfum du haut niveau. Comme là où tout a commencé. Comme à Timisoara.


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